sang_impurC'est un enfant qui raconte et c'est ce qui fait tout le charme du livre, les choses de la vie racontées avec beaucoup de candeur et de naïveté ; Hugo est allemand par sa mère et irlandais par son père. Nous sommes au début des années 60 et la famille habite Dublin ; les enfants n'ont le droit de parler que l'allemand ou le gaélique ; en aucun cas l'anglais, langue de l'ennemi ; sinon, ce sont les coups de baguette données par un père obsédé par une certaine pureté irlandaise ; or le gaélique est peu répandu et ces enfants qui déjà sont différents des autres se retrouvent très marginalisés. A l'extérieur, ils sont traités de nazis, alors que la famille de leur mère était contre Hitler. Le père souffre d'une rage impuissante face aux difficultés de développement de son île. La mère courageuse, bonne et très aimante, essaie de compenser la dureté du père ; celui-ci aime ses enfants et veut même se servir d'eux pour construire la nouvelle Irlande. L'enfant narrateur transcrit ce qu'il comprend de ce que leur mère leur raconte sur ce qu'il s'est passé en Allemagne, des exigences d'un père aimé malgré tout ; et il y a aussi la gaieté des oncles et tantes, tous les bons moments passés ensemble grâce à la chaleur d'une maman extraordinaire.

Premières phrases : "Quand on est petit, on ne sait rien. Quand j'étais petit, je me suis réveillé en Allemagne. J'ai entendu des cloches, je me suis frotté les yeux et j'ai vu le vent qui gonflait les rideaux comme un gros ventre. Et puis je me suis levé, j'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu l'Irlande."

 

Livre lu dans le cadre du challenge "Irlande et Littérature irlandaise" (blog de Dawn)

 

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