Une architecte, Léanne, employée dans un cabinet, se raconte dans son journal intime ; on croit comprendre que c'est pour maîtriser ses émotions qu'elle doit écrire au fur et à mesure de la journée tout ce qu'il lui arrive ; mais pourquoi alors a-t-on l'impression qu'elle écrit pour être lue ? Elle a eu un père et une soeur jumelle, tous deux décédés dans un accident de voiture ; sa mère est toujours vivante, bien que très diminuée par un AVC. Pourquoi Léanne se sent-elle si responsable de ce qui est arrivé à sa famille ? Elle dit savoir que "l'amour lui est interdit" alors qu'elle semble très éprise en secret de Charles, son ami d'enfance ; et le matin, dans le bus, elle rencontre un bel inconnu aux yeux gris, dont elle tombe amoureuse... Impossible d'en dire plus sans dévoiler d'indices...  L'écriture n'est pas exceptionnelle mais elle est efficace ! Le suspense est intense, "Le journal de L." est un redoutable "page-turner" ; mettez-y votre nez, il vous faudra aller jusqu'au bout, et vite !

Premières phrases : "Je suis montée dans le bus un peu vite, certainement poussée par la pluie qui trempait mes collants. Ou par l'envie de savoir si j'allais de nouveau croiser le regard de l'inconnu de lundi dernier. Mais pour le moment, je peste intérieurement car je me suis cogné la cheville contre la haute marche du véhicule. La semaine commence bien ! Je joue un peu des coudes pour atteindre le milieu du bus qui a redémarré. Je me glisse entre deux usagers, ce qui n'est pas bien difficile vu ma stature et, adossée à la vitre froide, je serre ma sacoche d'ordinateur contre mon ventre. Les yeux rivés sur le voyant lumineux rouge qui se déplace de station en station au fil du trajet, je ne peux m'empêcher de faire le point sur ma journée."