black_out"Black out" est une enquête du jeune lieutenant Frederick Troy de Scotland Yard ; ses parents étaient d'origine russe et il est le dernier rejeton d'une fratrie de quatre. Le portrait de ce policier particulièrement doué est réussi, avec sa vieille Bullnose Morris et son amitié pour le policier George Bonham, ses rapports plus que tendus avec son chef Stanley Onions et ses intuitions fulgurantes.
Londres, quartier de Stepney, 1944 ; un enfant qui joue dans les décombres d'un récent bombardement reçoit un cadeau .... de la part d'un chien : un bras, habillé, coupé au niveau du coude. Il ne s"agit pas du bras d'un mort dû au bombardement mais bien d'un meurtre, le bras ayant été volontairement sectionné. Un meurtre qui ressemble à un autre, commis presqu'un an auparavant et qui est resté non élucidé.
Pendant que Troy dîne chez Bonham de merveilleux steaks obtenus au marché noir, un voisin vient signaler la disparition d'un certain Wolinski, le locataire du dessus, militant communiste, qu'on n'a pas vu depuis trois jours.
Le médecin légiste, Kolankiewicz, petit homme colérique et grossier, ami du lieutenant Troy, trouve des preuves que l'homme au bras coupé était allemand et des traces d'un alliage métallique sur l'extrémité de sa manche. Or l'oncle de Troy, NikolaÏ, un original qui aime haranguer les foules le dimanche matin en montant sur deux caisses à savon - il mesure un mètre cinquante sept - dirige le département de physique appliquée à l'Imperial College et a mis au point avec quelques autres savants un alliage très résistant permettant la fabrication de bombes volantes sans pilote...
C'est le début d'une enquête serrée, sans temps mort, policière et d'espionnage, avec des parties historiques vraiment intéressantes ; l'atmosphère de l'époque est bien rendue avec le rationnement, les bombardements et la présence d'Eisenhower en Grande-Bretagne qui indique que la guerre est presque finie, que le débarquement est pour bientôt. Et il y a une femme bien sûr dans l'histoire, très belle, qui laisse partout où elle passe des effluves de son parfum et qui cache son amant, un espion américain qui a l'air particulièrement dangereux...

Premières phrases : " Dans le quartier de Stepney, il ne restait pas grand chose de Cardigan Street. Pas davantage de Balaclava Street, d'Alma Terrace et de Wterloo Place, qui ne méritait plus son nom glorieux. Le Blitz les avait rasées fin 1940. Quatre rues entières pulvérisées en amas écumant de décombres déchiquetés. Dès le printemps 1941, la nature y avait repris ses droits - ronciers de mûres et sureaux conquérants, orties lançant leurs racines jaunes entre les briques, îlots de buddleias et de liserons tachetant les champs de ruines. E, 1943, un jardin d'herbes folles recouvrait l'hystérie de la guerre".

 

Livre lu dans le cadre du Blogoclub de Sylire ; thème : "Londres "

 

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