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Paris, 1490 ; un jeune artiste renommé à la cour, Nicolas des Innocents, est convoqué chez Jean Le Viste qui désire habiller les murs de la grande salle de sa belle maison de tapisseries. Ce proche du roi souhaite des scènes de batailles où ses banières et armoiries seraient mises en valeur, mais Nicolas qui a rencontré sa fille Claude et en est tombé fou amoureux,  se laisse convaincre par Mme Le Viste de représenter une Dame et une licorne. En fait ce sont les dessins correspondant à six tapisseries que fera le jeune artiste, des dessins racontant les cinq sens, qui devront être agrandis par un cartonnier travaillant avec un lissier, celui qui tisse l'ouvrage. Après nous avoir présenté la famille Le Viste, l'auteur emmène Nicolas à Bruxelles, dans la famille de Georges de La Chapelle, maître lissier depuis trente ans. L'histoire progresse, racontée alternativement par certains personnages : Geneviève Le Viste la mère, Claude sa fille aînée, Nicolas le peintre et grand coureur de jupons, Georges de La Chapelle et Alienor sa fille.
Immersion totale dans une période charnière entre la fin du Moyen âge et le début de la Renaissance, dans un art et un métier magnifiques, dans des vies où la prière et l'attention à Dieu sont primordiales et l'obéissance au père de famille une règle stricte. 
C'est une époque où il fallait dix jours de cheval pour aller de Paris à Bruxelles et où les filles qui "couchaient" avaient toutes les chances d'être "prises"...
Ce fut un véritable défi pour la famille La Chapelle que d'exécuter ces tapisseries en à peine deux ans et, pressé par le temps, Georges a accepté que sa femme Christine, tisse, ce qui n'était pas autorisé par la guilde. La place des femmes, leur rôle souvent peu enviable mais aussi leurs aspirations et leurs désirs sont bien décrits et sont un atout majeur du livre.

C'est un bel ouvrage, passionnant, un témoignage captivant sur une époque et la fabrication d'une oeuvre d'art majeure.

Extrait, premières phrases de "Notes et remerciements" p 309 : "Cette histoire est pure fiction. Elle repose sur de raisonnables hypothèses concernant les tapisseries de la Dame à la Licorne. On ne sait pas à quel membre de la famille Le Viste en attribuer la commande, ni à quelle date précise la situer, même si les vêtements des femmes et les techniques de tapisserie les font sans doute remonter à la fin du XVème siècle. A l'époque, seul Jean Le Viste avait le droit de porter les armes pleines en sa qualité d'aîné. Nous ne savons pas non plus à qui l'on en doit l'exécution, même si la facture et la technique donnent à croire que l'atelier devait être dans le Nord, sans doute Bruxelles, dont les mille-fleurs étaient alors une spécialité."