511_2r5xbQLDoris Lessing a reçu le prix Nobel de littérature en 2007. (Magnifique discours)

Le carnet d'or a reçu le prix Médicis étranger en 1976.

Comment parler de ce livre qui a été tant commenté, étudié, critiqué, chroniqué ? Peut-être en livrant simplement quelques ressentis à la lecture de cette oeuvre ; ce fut une lecture commune avec Brigitte et Victoire qui donnent ainsi leurs avis.

- B : le(a) lecteur(trice) peut avoir du mal au début, mettre du temps à comprendre qui est qui ; mais quand on est accroché, on ne le lâche plus.

- V  dit avoir bien aimé tout ce qui concerne le communisme, car l'auteure fait des analyses et des réflexions très intéressantes ; si la partie sur l'Afrique est particulièrement passionnante et riche en questionnements, le quotidien de la vie d'Anna, principale héroïne du livre peut être parfois lassant.

- B a beaucoup aimé tout ce qui concerne l'Histoire, avec un grand H ; la cruelle désillusion de beaucoup de communistes face à ce qu'a fait Staline.
Doris Lessing ne s'est pas vraiment revendiquée comme féministe, mais elle évoque souvent sa vie et celle d'autres femmes, et se retrouve la figure de proue de l'émancipation féminine des années 50 en Angleterre. La partie sur l'Afrique est superbe.

-V : Anna se retrouve en porte à faux par rapport à ses ami(e)s car elle a écrit un livre à succès ; l'ensemble de l'oeuvre est dense, lourd. Anna se pose des questions que je ne me suis jamais posées...

- B : Anna ne s'en sortira pas sans écrire ; ce livre parle magnifiquement de la création littéraire.

Doris Lessing était une personnalité originale, une femme très en avance sur son temps : sexualité libre, psychanalyse avec "maman sucre", idées politiques affirmées... Une femme capable de faire un pas de côté pour appréhender la vie, prendre de la distance afin de mieux décortiquer événements et réflexions.

Un univers extrêmement riche à découvrir ou à redécouvrir, une lecture indispensable !

 Extrait (p 118) : "Je me rappelle très précisément le moment où ce roman est né. Mon pouls battait violemment ; après, lorsque je compris que j'écrirais, je mis au point ce que j'allais écrire. Le "sujet" était presque immatériel. Et voilà justement ce qui m'intéresse maintenant - pourquoi n'ai-je pas écrit un compte rendu de ce qui était arrivé, au lieu d'inventer une "histoire" qui n'avait rien à voir avec la matière qui l'avait alimentée , Bien sûr, le compte rendu direct, simple et non structuré n'aurait pas constitué un roman et n'aurait pas été publié, mais je ne m'intéressais sincèrement pas à "être écrivain" ou à gagner de l'argent. Je ne parle pas de ce jeu que les écrivains se jouent à eux-mêmes lorsqu'ils écrivent, ce jeu psychologique - tel incident écrit provenait de tel incident réel, en était le jumeau psychologique. Je me demande simplement ceci : pourquoi une histoire ? "