41iwHVqViULC'est le ton du livre qui frappe le lecteur dès le début, celui d'un homme franc, honnête et un peu naïf qui cherche à comprendre ce qui lui est arrivé ; il est dans le bureau d'un juge d'instruction parce qu'il a jeté à la mer un promoteur immobilier et que celui-ci est mort.
Il faut dire que depuis une petite dizaine d'années, Antoine Lazenec, promoteur véreux de son état, asticote et provoque ceux qui habitent ce petit village breton situé sur une presqu'île en face de la rade de Brest. Il a racheté "le château" et les terrains alentours, fait fabriquer une belle maquette, creuser un grand trou et... ça s'est arrêté là. Alors que les sangs s'échauffent, ce n'est étonnant. Le juge, qui est ici presque plus psy que magistrat, le comprendra-t-il ?
Mais ce qui intéresse finalement surtout le narrateur, c'est ce qui s'est passé en lui : pourquoi a-t-il acheté un appartement sur plan alors que ce qu'il convoitait avec l'argent de son licenciement des chantiers navals, c'était un bateau ? Et pourquoi n'a-t-il jamais rien pu expliquer à Erwan, son fils adolescent dont il a la garde, alors qu'ils sont plutôt proches ?

Une histoire un peu triste bien sûr, mais une belle histoire, très bien racontée ! C'est un hymne à la beauté de la côte bretonne, à l'amour paternel et une réflexion sur les choix que nous faisons et sur l'intervention du destin.

Extrait (p 100) : " Et maintenant qu'on avait rasé le château, maintenant que je pouvais voir la mer plus directement encore depuis la fenêtre de ma cuisine, à chaque fois que l'un ou l'autre me saluait depuis son cockpit, avec déjà les casiers prêts à être descendus, j'avais l'impression qu'ils nous narguaient, Erwan et moi, debout derrière la vitre à regarder la mer. Et quelquefois Erwan me demandait : pourquoi tu n'en achètes pas un, de bateau ? Et, avec tout l'air évasif que je pouvais prendre, je lui disais : Si, bien sûr, je vais en acheter un, je vais en acheter un très bientôt."