51mM4idWTYL Extrait (p13) : " Si tu es venue me voir, c'est peut-être parce que tu souhaites vivre de manière à connaître le bonheur d' "être jeune dans la vieillesse et vieille dans la jeunesse " comme je le dis, c'est-à-dire à avoir en toi un bel ensemble de paradoxes maintenus dans un équilibre parfait. N'oublie pas que le terme paradoxe est à prendre au sens d'idée contraire au sens commun. Cela s'applique à la grand-mère, la gran madre, la plus grande des femmes, car elle est en train de devenir une femme sage, qui assure la cohésion des capacités de la psyché profonde, illogiques en apparence, mais fondamentalement empreintes de grandeur."

L'auteure de l'inoubliable et magnifique "Femmes qui courent avec les loups" nous livre ici un récit plus court essentiellement axé sur les femmes qui atteignent la maturité ; celles-ci "doivent" - au sens "ont une tâche à accomplir" - vivre pleinement, vivre à fond chaque jour. Comme lui disait sa grand-mère "quand une personne vit pleinement, les autres en font autant."

Il y a beaucoup, dans les contes et les mythes, de duos jeune femme et aïeule ; d'après Clarissa Pinkola Estés elles symbolisent à elles deux ce que possède chaque femme : une âme d'un âge immémorial (force, raison...) et un esprit d'une éternelle jeunesse (curiosité, créativité...), ce qu'elle appelle être jeune dans la vieillesse et vieille dans la jeunesse.

Comparant la femme et l'arbre, l'auteure assure qu'au niveau des racines, il y a une étincelle d'or, une source mystérieuse et sage chez les femmes qui loin de se laisser abattre face à une "perspective prometteuse mais intimidante" vont se demander quelle énergie dois-je rassembler pour pouvoir y arriver ? (et non pas se dire je n'y arriverai jamais...).
Et de nous raconter des histoires extraordinaires de grand-mères de toute sorte, de la vieille Anna atteinte d'une forte fièvre qui voulait que la neige la soigne, des vieilles femmes de sa famille venues d'Europe centrale qui" l'ont empêchée de sombrer dans le néant d'une conformité soigneusement cultivée" jusqu'à celles qui dansaient pour essayer de tuer le nouveau marié.

Un livre superbe, d'une grande richesse, - dont l'auteur nous appelle "ma chérie - qui encourage les femmes quel qu'elles soient à grandir en sagesse bien sûr, mais surtout à vivre courageusement, joyeusement, audacieusement ; vivre à fond pour donner l'exemple et le bonheur.

Extraits :  (p 28)  " Dans la forêt qui est en toi, une femme grande entre toutes t'attend depuis toujours devant le plus grand des feux..."
(p 58) "Quels que soient les dévastations subies, les coups portés à leur écorce jusqu'au coeur, les grand-mères n'en démordent pas : l'amour, l'amour profond, est le plus grand des guérisseurs, le but suprême, le meilleur engrais de l'âme."