61wT7j9tl_LComme l'auteur le dit lui-même dans son avant-propos, c'est au contact du public qu'il a commencé à voir les arbres comme autant d'êtres vivants et non de fûts à couper et à vendre.
Et il fut le premier étonné de ce qu'il a découvert ; par exemple, il y a de l'amitié entre certains arbres qui s'entraident par l'intermédiaire de leurs racines. Bien qu'il y ait des solitaires, une forêt est une communauté d'arbres.
Les arbres se parlent aussi, grâce à des odeurs : ainsi les acacias de la savane africaine, qui augmentent la teneur de leurs feuilles en substances toxiques pour en dégoûter les girafes qui les attaquent, sont capables de prévenir leurs voisins par messages olfactifs qu'ils risquent d'être broutés. Les voisins, prévenus, pourront eux aussi augmenter la toxicité de leurs feuilles !

Peter wohlleben s'est aperçu que la concurrence entre les arbres pour la lumière, l'eau, les substances nutritives n'a lieu qu'entre arbres d'espèces différentes ; dans une même espèce - ce qui détermine que les individus sauraient reconnaître ceux de la même espèce qu'eux ! - il y aurait une "synchronisation du développement pour que tous aient les mêmes chances". Et, par exemple les hêtres, ne sont jamais trop serrés, contrairement à ce que pensent encore de nombreux forestiers... Quand ils vivent en groupe serré, la répartition des substances nutritives et de l'eau entre tous les individus est optimale, si bien que chaque arbre parvient au meilleur développement possible. (p 29)

D'après l'auteur, les arbres sont capables d'apprendre, par exemple à consommer moins d'eau même si la ressource est là - mais elle pourrait manquer - ou à ne pas être stressé s'il n'y a pas de véritable danger ; ils sont capables de "travailler en réseau" avec les champignons qui sont pour eux de véritables partenaires ; ils s'adaptent à des conditions de vie souvent difficiles et servent de logement à de nombreux oiseaux et petits mammifères, etc.
Le temps de l'arbre n'est pas celui de l'Homme : il faut plus de 100 ans au hêtre pour devenir adulte et il a une durée de vie de 400 à 500 ans.

Le lecteur apprend plein de choses sur la vie de l'arbre, sur l'écosystème forestier, et beaucoup d'idées "anciennes" ne résistent pas à l'important travail d'observations et d'investigations de l'auteur (plus les arbres sont vieux, plus ils poussent vite p 111) ; et si tout n'est pas vérifié, quantifié, bien que basé sur des connaissances et des travaux scientifiques, c'est un extraordinaire témoignage écrit par un passionné des arbres et de la forêt ; gageons que nous ne nous promènerons plus jamais dans les bois comme avant !