51MzvPvKHQLPremier des trois tomes de "The Big Sky" (le deuxième tome, "La Route de l'Ouest" a reçu le prix Pulitzer en 1950), "La captive aux yeux clairs" est un western captivant qui se déroule dans le Missouri, les Grandes Plaines, et jusqu'aux Rocheuses.
Elles étaient nombreuses les tribus indiennes qui vivaient là, avant que les maladies les déciment, que les Blancs les tuent, et qu'elles soient parqués ; et à leur rencontre sont venus d'abord des trappeurs, des aventuriers, et assez vite les "commerçants".

Un très jeune homme (17 ans) fuit... Il fuit son père qui le bat, la ferme où il est né, le petit bourg où il a toujours vécu et où il a tué un homme au cours d'une rixe. Nous sommes en 1830 et Boone Caudill va faire du chemin : il fait la connaissance de Jim Deakins qui sera son grand ami de trappe, tous deux rejoignent Saint Louis et se retrouvent avec un groupe d'hommes partant en bateau le Mandan vers le Nord du Missouri, qui a la réputation d'être d'une beauté sauvage sans pareille, mais aussi "infesté d'Indiens". Les hommes du Mandan partent faire du commerce avec les Blackfeet surtout, échanger alcool, armes à feu et munitions contre des peaux.

Alors qui est "la captive aux yeux clairs" ? Une toute jeune squaw, une petite fille surnommée Teal Eye, cachée sur ce bateau, et qui se révelera être la fille d'un chef indien blackfoot ; une fille que Boone n'oubliera pas : un visage fin, mat, et d'immenses yeux "couleur sarcelle à ailes bleues", un jour, il la retrouvera...

Tandis que le bateau remonte le Missouri et la Platte River vers le pays des Blackfeet, Boone apprend à tirer les bisons avec toujours le risque, lorsqu'il descend à terre avec Dick Summers, le chasseur chevronné du bateau, de devoir faire face à des "Peaux Rouges" dont il est difficile de savoir comment ils seront lunés... Il apprend également à piéger les castors et malgré sa rusticité, c'est un homme sensible qui fait bien ce qu'il a à faire mais respecte la vie animale et admire la beauté de la Nature.

Il y a des scalps, plein de moustiques, des mocassins aux pieds, une très belle histoire d'amour, des chevauchées, des batailles, des vols de chevaux, des amitiés viriles et des désirs de solitude...

Ce premier tome se termine en 1843 et c'est une bonne partie de la vie d'un homme qui a été tracée ; d'une façon générale, les trappeurs sont des personnages très particuliers, toujours aux aguets ; beaucoup d'entre eux pensaient qu'un "bon indien est un indien mort"... Boone, lui, tout en restant un homme simple, deviendra quasiment indien, cheveux longs nattés compris...

Porté par un souffle littéraire magnifique qui s'appuie sur les grands espaces et des vies éprises de liberté, ce récit célèbre la beauté des paysages et dénonce l'envahissement prochain de ces régions par tous ceux qui sont avides de conquérir et d'occuper toujours plus de terres : " Si vous vivez assez longtemps, vous découvrirez que vous avez tort. Vous ne le voyez donc pas ? Nous nous développons. Cette nation grandit. De nouvelles occasions vont se présenter, sans commune mesure avec tout ce qui a pu exister dans le commerce des fourrures. Le transport, le commerce, l'agriculture, l'exploitation forestière, la pêche, la terre ! Je ne peux même pas tout imaginer."

Extrait (p 366) : " Des groupes de peupliers poussaient sur ses rives, ainsi que des buissons de cerisiers de Virginie et d'amélanchiers, de rosiers sauvages et de saules rouges que les Indiens mélangeaient au tabac. Aucun endroit ne pouvait être aussi beau que cette vallée, avec ses deux plateaux solitaires qui se dressaient au sud, les collines brunes aux larges crêtes sur les côtés, les peupliers, les bouleaux noirs et l'armoise, les élans et les cerfs, les bisons qui descendaient des hauteurs pour boire. C'était un endroit où un homme pouvait passer toute sa vie sans jamais souhaiter autre chose."