41f2_vA9lsLOh ! Quel chouette bouquin ! Pour le moment, c'est notre coup de coeur de la rentrée !
❤️
Nous avions déjà beaucoup aimé l'écriture et l'originalité de "Popcorn Melody" et le.a lecteur.trice retrouve dans le récit "Le prince à la petite tasse" l'écriture vive, le sens de l'humour et la profondeur des propos.

L'histoire de ce jeune afghan arrivé à Paris après moultes aventures et dix années d'errance dans plusieurs pays est de celles que l'on lit le sourire aux lèvres - parfois même on éclate de rire - mais les larmes aux yeux et le coeur un peu serré, parce que c'est émouvant, drôle et très bien écrit.
Le récit met en scène Emilie de T., son mari Fabrice, et ses deux garçons Marius et Noé d'une part, et Reza, un migrant d'origine afghane, parti à onze ans de son pays après l'assassinat de son père et sans aucune nouvelle de ses proches, de l'autre.

Avant son arrivée, Emilie a planqué toutes les "femmes nues" photos, tableaux, statuettes, qui pourraient peut-être choquer un musulman (mais il ne l'est pas...); Marius lui dit "T'as trop de chance" quand il apprend que Reza a beaucoup "voyagé" ; Reza dit "Norvège, je douche" pour parler de son baptème...
Truffé de mots d'enfants face à cette situation particulière d'un étranger vivant avec eux, de pensées d'adultes sur la vie de ce jeune homme un peu déconcertant et de phrases qui nous semblent naïves et drôles de Reza qui s'est rebaptisé Daniel, ce livre, construit par chapitres courts, couvre une petite année de vie commune ; si on apprend des choses sur le quotidien souvent trop difficile des réfugiés, on en sait pas mal également sur la vie de l'auteure et sa famille, leur choix d'accueillir un étranger pour qu'il ne dorme pas dans la rue, leur sincérité et la gentillesse naturelle des enfants...

Et il y a les poèmes d'Emilie, qui émaillent le texte et chantent la confiance, l'ouverture et l'amour de l'Autre, le mal du pays, une nouvelle langue...

Extrait : " Reza a une façon douce, très particulière, de prononcer le mot migrant. Quand il dit "migrant", on entend "miracle". Dans sa bouche, migrant n'est plus ce mot-poubelle anonyme, employé à tout bout de champ, ce mot à oeillères qui refuse de dire la guerre, la survie et l'exil. Dans la bouche de Reza, migrant, c'est lui. Ce sont ceux qui partagent dans leurs corps le secret de la fuite et la force de se sauver. Migrant est la plus haute branche de sa vie." (p26)

Comment vous y prendriez-vous pour expliquer à Reza-Daniel ce que veut dire "Et Hop" ?