51mMrJXEPsLElle est dure la vie dans les grandes steppes de Mongolie, dure mais magnifique ! Le lecteur, fasciné, la découvre en suivant la vie de Schuumur et de sa famille, une femme et quatre enfants, ainsi qu'une ancienne maîtresse.
L'auteur est un écrivain-poète habile qui sait nous entraîner dans cette existence essentiellement faite de nomadisme, dans un pays d'une beauté extraordinaire où les êtres humains vivent en pleine nature, dans des yourtes avec du bétail et des chiens mais aussi des chevaux et des dromadaires.
C'est une façon de vivre qui disparaît peu à peu et que G. Tschinag veut faire connaître ; il montre en fin de livre, après nous avoir entraînés dans des histoires très humaines se déroulant dans les hauts plateaux de l'Altaï, que les habitants actuels sont tiraillés entre le progrès, la modernité et des traditions ancestrales. La vie était rude, émaillée de guerres de territoires et de conflits brutaux entre peuplades ; mais c'était une vie libre, entre campements d'hiver et d'été, dans des paysages époustouflants, et entre gens qui se comprenaient.

Le "chant" est celui qu'émet Dombuk, la fille aînée de Schuumur ; une jument a eu un petit mort-né et un poulain a perdu sa mère, alors Dombuk chante et va essayer, avec l'aide de ses frères et soeurs, de les faire s'apprivoiser et s'adopter. Le chant poème de cette petite fille d'une dizaine d'années, mature et responsable après la mort de la mère, ponctue subtilement le récit et lui apporte à la fois force et légèreté.

Magnifique !

Extrait (p 182) : L'enfant voulait-elle devenir chamane elle-aussi ? Et pourquoi pas ? Le premier homme à avoir perçu le monde environnant comme un tout et reconnu la puissance qui l'habitait était un chaman, le chaman originel. Et chacun des êtres capables de se concevoir comme un infime fragment du tout, certes métamorphosé, mais susceptible de revenir tôt ou tard à son état premier, était un chaman. C'est cette perception du tout qui constituait l'essentiel. Tout le reste était sans importance..."